L'HISTOIRE

Ce projet trouve son origine en 2013 lorsque le commissaire-priseur Alexandre Millon, Président de la maison de vente éponyme, propose à Milo Manara de sublimer l’iconique BB, à travers une série de 25 aquarelles vendues aux enchères en 2016, à Paris. De nombreuses célébrités avaient déjà défilé sur la table à dessin de l’auteur à succès, que ce soient des personnages historiques (les Borgia, le temps d’une série mémorable avec Alejandro Jodorowski), ou des amis tels que Frederico Fellini et Hugo Pratt.
 
C’est avec le plus grand des honneurs que le maître italien a accepté de relever ce défi, désireux de rendre hommage à cette femme qui l’a bouleversé quand elle est apparue au cinéma dans le milieu des années 1950. « Pour quelqu’un de mon âge mais aussi – je crois – pour les générations postérieures, Brigitte Bardot constitue un mythe. Avant elle, la femme idéale était incarnée par Marylin Monroe. Brigitte Bardot a vraiment proposé un nouveau style de femme, libérée, sauvage, fière », déclare l’artiste.

ET MANARA CROQUA BARDOT

La dernière fois que Brigitte Bardot a autorisé un artiste à la représenter date de 1969, lorsque le peintre et sculpteur Aslan l’avait alors choisi pour incarner le visage de la République française. Éloignée à présent de la vie publique pour se consacrer pleinement à défendre la cause animale à travers sa fondation, « BB » a néanmoins accepté que Milo Manara, maître de la bande dessinée sensuelle (Les Aventures de Giuseppe Bergman, Le Déclic…), lui rende hommage en dessins et en sculpture. « Je suis en extrême beauté dans ses oeuvres. Sous son trait, je suis la nouvelle Vénus de Botticelli, celle du XXIè siècle. » confiait Brigitte Bardot. 

QUAND LE DESSIN PREND CORPS

Lorsque Manara commence sa carrière de dessinateur, il a souvent pensé à l’actrice comme canon de beauté, mais également comme l’antithèse de la belle qui se tait.
« Je me suis servi d’elle comme d’un modèle moral », explique Milo. Ainsi, il y a un peu de la magnétique BB des années 60 chez toutes les héroïnes qu’il a dessinées. Toujours des femmes séduisantes et indépendantes.

Après avoir apprivoisé le corps de Bardot sur le papier, Manara s’est vu confié la réalisation d’une sculpture en hommage à la belle. « J’ai proposé plusieurs projets, et c’est Brigitte Bardot elle-même qui a retenu son préféré », raconte l’artiste. Un dessin reprenant une posture mythique de l’actrice à la Villa Malpensa, pour « Le Mépris ». 

«C’est la première fois depuis Aslan, à la fin des années 60, que Brigitte Bardot autorise un artiste à travailler son image. Brigitte Bardot incarne au monde entier la féminité impulsive et libre. Pour un artiste, il s’agit d’un défi colossal et épineux, tant il est difficile d’interpréter une telle icône sans la trahir, ni se perdre.
 
Milo Manara s’impose à l’évidence comme l’artiste à la sensualité dessinée. Et la rencontre au sommet dont j’avais tant rêvé entre ces deux monstres sacrés, chacun dans leur domaine respectif, a donné naissance à cet incroyable projet : 25 visions aquarellées du mythe, interprétation du plus grand dessinateur de notre époque fasciné par l’incarnation universelle de la féminité absolue.
 
Le prolongement de cette série d’aquarelles fut la réalisation de sa sculpture en 2017. Un rêve devenu réalité et je suis heureux, au nom de la Fondation Millon, de ce don à la ville de Saint-Tropez et au monde entier. Désormais, chacun peut se l’approprier selon ses voeux.
Alexandre Millon

Alexandre Millon

Commissaire-priseur